
AntiqonART consultant will contact you within one business day after receiving your request.
Discover your personalized shipping cost — based on where you are and how you prefer to receive your piece..
La peinture monumentale Cadeau de Cléopâtre à César constitue un exemple exceptionnel de peinture historique et allégorique dans la tradition académique italienne de la fin du XVIIe siècle, réalisée dans le cadre de l’école bolonaise. Le sujet est inspiré de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien — un épisode rare et riche de sens du banquet de la reine d’Égypte Cléopâtre, au cours duquel, souhaitant démontrer sa supériorité en richesse et en esprit, elle dissout une perle inestimable dans du vinaigre et la boit en présence d’un Jules César stupéfait.
La composition est construite dans un style théâtral grandiose : au centre de la scène — une table ovale de banquet, entourée de figures, d’un décor architectural et de draperies évoquant une salle antique. Cléopâtre, vêtue de tissus brodés de fils d’or et couronnée d’un diadème, domine la scène avec une dignité inébranlable. Sa pose — tendue mais retenue — exprime à la fois force, contrôle et calcul. En vis-à-vis, César — en armure et manteau — est représenté dans un moment de surprise, formant un contrepoint à la domination féminine de la scène.
Les détails renforcent la dramaturgie : amours avec des perles, vases et aiguières ; table ornée de présents, de fruits et de vases d’or ; servantes observant la scène, reflétant la réaction émotionnelle du spectateur. Les éléments architecturaux — colonnes, frise, voûtes — confèrent à la scène une monumentalité et une profondeur historique, tandis que de légers voiles de lumière créent un effet immersif et soulignent la qualité sculpturale des figures.
La peinture est exécutée avec une maîtrise exceptionnelle. Le style caractéristique de Marcantonio Franceschini (1648–1729) se reconnaît dans les visages féminins idéalisés, la palette pêche-dorée, l’attention portée aux draperies et la dynamique de la composition. L’influence de Carlo Cignani (1628–1719), maître de Franceschini, se manifeste dans la clarté structurelle et le modelé classique des corps. L’absence de signature suggère le travail d’un grand atelier bolonais, commandé pour une salle de réception prestigieuse.
L’œuvre est un rare exemple de la synthèse entre un sujet antique et l’esthétique du haut baroque, alliant monumentalité, symbolisme et perfection technique, en faisant un objet artistique et de collection précieux.
Matériau : Huile sur toile
Dimensions : 198 × 298 cm
État : Bon ; restauration professionnelle par un restaurateur de la Galerie Tretiakov, Moscou
Provenance : Collection privée européenne, auparavant — vente aux enchères Hampel, Munich
La légende à l’origine de la scène est relatée par Pline l’Ancien dans l’Histoire naturelle (Livre IX, 119). Cléopâtre, cherchant à gagner un pari sur le banquet le plus coûteux de l’histoire, ôte une boucle d’oreille en perle, la dissout dans du vinaigre et la boit, étonnant Jules César et le contraignant à reconnaître sa supériorité. Ce geste devint le symbole de la prééminence intellectuelle et culturelle de l’Orient sur l’Occident, de la diplomatie féminine sur la puissance militaire.
Dans l’art de la Renaissance et du Baroque, Cléopâtre apparaît comme l’image d’une souveraine alliant beauté, intelligence et sens stratégique. Dans les résidences aristocratiques, de telles scènes servaient d’allégories du pouvoir et de la diplomatie, ainsi que de paraboles politiques.
L’école bolonaise, fondée par l’Académie des Carrache en 1582, cherchait à unir les idéaux antiques à l’expressivité émotionnelle. Au XVIIe siècle, ses principaux maîtres furent Carlo Cignani (1628–1719) et son élève Marcantonio Franceschini (1648–1729), qui définissent le style académique de la région pour le siècle suivant.
Cignani, élève de Francesco Albani, se distinguait par l’harmonie raffinée de ses formes, la modulation douce de la lumière et l’équilibre classique des compositions. Il fut non seulement un peintre éminent, mais aussi un pédagogue, dirigeant l’Académie de Bologne, et travailla par la suite à Forlì, réalisant des fresques monumentales et des retables.
Franceschini, ayant assimilé l’esthétique de son maître, développa un style plus décoratif et raffiné, combinant l’élégance de la ligne, une palette claire et une idéalisation marquée des figures. Ses œuvres se caractérisent par la pureté du dessin et un modelé délicat du clair-obscur, souvent porteur d’une dimension allégorique ou morale. Il reçut des commandes des cours de Savoie et des Habsbourg, travailla pour la Rome pontificale et fut l’un des peintres les plus recherchés de son temps.
Dans le dialogue créatif entre Cignani et Franceschini se forgea la formule visuelle de la peinture académique bolonaise du baroque tardif — une fusion harmonieuse de l’héritage antique avec l’expressivité émotionnelle, la subtilité chromatique et la clarté compositionnelle. Le Cadeau de Cléopâtre à César prolonge cette tradition, unissant récit historique, sous-texte allégorique et monumentalité cérémonielle.
Toile en bon état, consolidée, doublée, couche picturale stabilisée. Cadre de type muséal. Restauration professionnelle effectuée par un restaurateur de la Galerie Tretiakov, Moscou.
The condition report is provided for informational purposes only.
It is not comprehensive and may not reflect all defects, restorations, alterations, or adaptations, as Antiqon does not perform professional conservation-level assessments. The information is based on a qualified, yet subjective, evaluation by our specialists.Before purchasing, we recommend consultation with an independent expert.Please also consult our Terms and conditions and Glossary A-Z, which contain important information on lot characteristics and sale conditions.